Mon chien me "domine"... tiens parlons-en !!!

La dominance chez le chien… parlons-en !!!

 

...Mon chien mange après moi et passe la porte après moi car je dois lui montrer qui domine à la maison !!!

Il dort dans sa niche et non sur le lit ou le canapé sinon il va croire qu’il est le chef de meute !!!

"Médor" a mis sa patte sur moi, il me montre qu’il veut me dominer !!!

Ça y est, mon chien me domine il a grogné et montre les dents !!! 

Lorsque je mange à table, je ne lui donne rien, sinon il va se mettre au même rang que moi !!!

 

Je m’assois toujours plus en hauteur que mon chien, il faut lui montrer que je suis au-dessus de lui !!! ...

... Sérieusement on marche sur la tête ...

          Autant d’inepties inventées par l’homme et transmises de génération en génération ou encore pire, par des professionnels du milieu canin….

Une manière de trouver une explication à un problème de comportement.

 

Tout mettre sur le dos de la dominance.

Solution de facilité, qui ne nous indique en rien quelle est le véritable cause d’un problème de comportement.


          En plusieurs année de carrière, je n'ai jamais vu un problème de comportement se régler parce que le chien mange après son maître ou encore passe la porte après lui.

           C’est un cercle sans fin, dominer pour ne pas être dominé par son chien.

 

S’en suit une interprétation de tous ses faits et gestes, et surtout tout refus d’obéir est considéré comme une recherche de dominance. 

D’où vient toute cette histoire de dominance ? Sur quoi s’est-ont basé pour en tirer des conclusions pareilles ???

 

Faisons court... mais instructif

         

          L’histoire commence avec le LOUP, Animal mythique et mystérieux.

Des études effectuées dans les années 40  (David MECH, Lucyan David Mech…), portaient sur l’étude du comportement dans une meute de loup.

 

          Ils ont émis l’idée qu’une meute de loup était constituée d’une hiérarchie.

 

          Le chef de cette meute est considéré comme le « mâle alpha », celui qui est dominant et qui par conséquent domine les autres. 


D’où l’idée que le chien fait partie d’une meute (la famille), constituée d’une hiérarchie et donc qu’il ne doit pas être le « mâle alpha » de cette meute famille.

          Bien des années plus tard, une autre étude (voire même plusieurs) effectuée par les mêmes chercheurs, réfute et corrige l’idée de cette hiérarchie et de cette conception du « mâle alpha » chez le loup.

 

          En effet les observations ont été effectuées sur des groupes en captivité, ce qui a faussé complètement les résultats des observations menées au départ.

          Le fait que des loups ne soient pas en total liberté a faussé les résultats car cela n’a pas reflété la réalité du fonctionnement d’une meute.

 

          De plus pour encore plus démontrer que ces idées sont fausses, les loups des premières études provenaient de plusieurs meutes différentes et n’appartenaient pas tous à la même famille.

 

Ce qui explique les conflits d’intérêts (reproduction, nourriture…)


Ça y est on commence à remettre les choses à leur place…

 

Mais ce n’est pas fini, pour les plus réticents voici d’autres explications, qui j’espère pour vous et surtout votre chien, vous ferons ouvrir les yeux.

 

Parlons du chien maintenant…

 

 

          Les chiens NE SONT PAS DES LOUPS.

Il est vrai qu’ils ont un ancêtre commun mais aujourd’hui ce sont deux espèces distinctes.

 

          Les observations faites sur des groupes de chien n’ont pas révélé de réelle « hiérarchie » entre eux.

          L’explication se trouve plutôt dans le fait que leurs interactions dépendent de l’environnement dans lequel ils évoluent, du contexte et des ressources (reproduction, nourriture, lieu de couchage…).

          Comme pour tous les mammifères tout est une question d’intérêt face à une ressource qu’il convoite.

 


          Un chien peut être dominant vis à vis d’un autre pour une ressource en particulier, mais qu’il peut en même temps se soumettre complètement concernant une autre ressource.

 

Comme pour la plupart des mammifères, tout est une question d’intérêt face à une ressource convoitée par plusieurs individus.

         

          Or les personnes et surtout professionnels du milieu canin qui s’obstinent à étayer cette théorie, peuvent peut-être m’expliquer…

 

Comment un chien dit « dominant », peut se retrouver dans une situation où il est « dominé » alors qu’il est censé être le « mâle alpha » et donc le chef de meute ???

 

 Si t'es le chef c'est toi qui commandes pour tous...

 

          Alors oui, on peut dire dans certains cas, qu’un chien est « dominant ». 


Mais SI et seulement SI celui-ci ressort toujours gagnant d’un conflit systématiquement provoqué pour la même ressource. (ex la nourriture).

 

D’accord allez vous me dire, mais on parle là de « dominance » entre chiens, et non avec l’humains.

 

Ne vous inquiétez pas, la suite de l’explication arrive…

 

          La dominance entre l’homme et le chien existe-t-elle ?

Non, Non, Non, NON….Arrêtons avec ce cliché.

 

La dominance interspécifique (entre espèces différentes), n’est pas possible NOUS NE SOMMES PAS DE LA MÊME ESPÈCE.

 

Croyez-vous réellement que votre chien ne sait pas faire la différence entre vous, humain doté de 2 jambes et ses congénères à quatre pattes…

          (...)Dans des cas de cohabitation entre l’homme et l’animal, le loup ne pourrait pas accepter d’être dominé. Pourquoi ? Parce que la dominance du loup alpha s’exerce envers la meute et tout autre obstacle qui se trouve sur son chemin.

          Si vous êtes cet obstacle, il vaut mieux savoir ce qui vous attend.

          La dominance offre 3 possibilités sans nuance au contrevenant : la soumission, la mort ou la fuite. (…)

          Vous constatez que ce n’est pas le genre de relation que nous entretenons avec notre animal de compagnie.

          Si tel était le cas, nous ne pourrions pas vieillir, nous blesser ou le laisser jouer avec des chiens inconnus dans le parc.

 

 

          Le chien ne pourrait pas guider les aveugles, les autistes ou personnes handicapées. Nous serions à la merci de sa dominance. (…)

Extrait tiré du livre de jacinthe BOUCHARD spécialiste en comportement animal.


         

 

          Gardez toujours à l’esprit qu’un chien est capable de devenir agressif quand le maître ne sait pas décoder les signaux de communications (signaux d’apaisement) et ne respecte pas l’animal.

 

 

          Le grognement n’est pas un signe de dominance mais un appel…il vous dit que là, face à cette situation, il y a un problème. ECOUTEZ-LE et essayez de comprendre ce qu’il veut vous dire.


Je finirai cet article par un autre extrait, qui résume à la perfection se sujet de Mythe et de la réalité.

« J’observe que (les gens croient que) le chien se doit d’attendre la volonté de son maître, de lui obéir en toutes circonstances, de ne pas prendre d’initiatives et de n’avoir aucun privilège.

Quand il ne répond pas à ces critères, le chien est qualifié de « dominant », la tare par excellence : le chien montre des velléités intolérables de supériorité et son propriétaire manque d’autorité ; l’homme est disqualifié (et culpabilisé) et le chien doit être « cassé ».

 

Ce vocabulaire esclavagiste démontre bien la relation qu’ont les hommes – plus souvent que les femmes – avec les chiens.

En psychologie, on revendique en général ce que l’on n’a pas ; si l’homme revendique l’autorité, la dominance et le pouvoir sur le chien c’est qu’il manque d’autorité naturelle et de pouvoir personnel.

Qu’a donc fait l’homme de son pouvoir pour devoir le revendiquer aux dépens du chien (et de ses proches : enfant et compagne) ?

L’homme est devenu esclave de la société ; il est soumis à ses règles et ne peut y échapper ; il en est dépendant ; il lui appartient.

Le pouvoir étouffé de l’homme s’exprime par des voies détournées, notamment avec le chien.

L’homme reproduit avec le chien ce que la société fait avec lui : il se l’approprie, il le soumet, il le rend dépendant, il l’asservit.

Ce faisant, l’homme sauve quelques étincelles de son pouvoir de vie.

Le chien, apparemment esclave, apprend quelque chose lui aussi du domaine de l’énergie mentale.

 

Si on veut changer cette situation, il faut que l’homme trouve une autre expression de son pouvoir – par la créativité, par exemple – et qu’il affranchisse son chien de la hiérarchie du pouvoir, afin d’entrer dans un système de symbiose bénéficiaire ou le chien a l’opportunité de se réaliser, d’exprimer ses besoins éthologiques – un système ou tout le monde gagne. »

 

 

Extrait du livre de Joel DEHASSE : Tout sur la psychologie du chien.

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